Les annonces de la Ministre Naja Vallaud-Belkacem

Mesure 1 : création de 500 postes à l’horizon 2017, soit plus ou moins un tiers à la rentrée 2015. C’est-à-dire un nombre à peine suffisant pour absorber la montée démographique des élèves à la rentrée. Ce sont au minimum 2000 élèves supplémentaires qu’il faudra accueillir dès septembre dans les écoles du département. Plus inquiétant, cette mesure ne permettra même pas d’absorber les contrats pécaires auxquels le ministère a actuellement recours en masse (3 ou 400 pour le département). Elle ne permet pas non plus de doter le département d’un nombre d’enseignants “volants” pour faire face aux besoins des remplacements. Elle ne permet pas plus de renouveler les 190 postes supprimés dans les RASED

Et encore, le nombre de ces créations ne permet pas non plus de remplir les objectifs que s’assigne la ministre qui souhaite plus de maîtres que de classes ni d’accueillir les enfants de moins de 3 ans (moins de 5% d’enfants de moins de 3 ans sont accueillis dans le département contre 12% en moyenne nationale).

Mais aussi, cette mesure reste conforme à une des décisions déjà prise par le gouvernement qui consistait à créer 150 postes par an. Ce dont les parents ont constaté l’insuffisance lors de la dernière rentrée. Donc rien de nouveau sous le soleil.

Mesure 2 : renforcer l’éducation prioritaire. Le découpage du territoire en zones plus ou moins prioritaires selon des critères complexes et opaques n’avaient pas réellement permis aux ZEP de résoudre la question de l’égalité des chances. Les critères permettant de passer en REP et REP+ ne semblent pas gagner en transparence. Un simple changement de sigle permettra-t-il de gagner en efficacité ? On peut en douter. L’annonce de création 13 REP supplémentaires permettra tout juste de répondre à la situation très dégradée ne nombreux quartiers du département.

Mesure 3 : 1685 poste ouverts pour le concours 2015 dans l’académie de Créteil, Mesure 4 : dont 500 par concours supplémentaire, Mesure 5 : une formation en alternance dès le master 1 à l’EPSPE de Créteil. L’effort de recrutement et l’augmentation des candidatures est une bonne chose. Mais, il s’agit d’un concours pour 2015. Les nouveaux promus arriveront donc à la rentrée sans formation ? Et celle qui est prévue à la mesure 5 est en alternance. Est-ce à dire que le temps de formation sera pris sur le temps de classe ? Ce qui, compte tenu de la faiblesse des moyens de remplacement, aurait pour résultat d’accroître encore le nombre d’élèves sans de classe.

 Mesure 6 : Une meilleur formation, un meilleur accompagnement des contractuels, Mesure 7 : à partir de 2016, un concours spécifique pour encourager les contractuels à devenir enseignants. On peut se féliciter que la ministre s’intéresse aux “contractuels” et à leur devenir. Mais où va-t-elle trouver les 3 ou 400 titulaires pour assurer le tutorat de ces contractuels ? Et comment va-t-elle organiser les 6 sessions de formation spécifique avant la rentrée, pendant les vacances scolaires ou sur le temps de classe ? D’autre part le concours n’est prévu qu’en 2016. Donc n’aura aucune espèce d’incidence pour la rentrée 2015. Les contractuels continueront donc de jouer le rôle d’enseignants dans les conditions de précarité actuelles. Donc pas de véritable changement d’ici 2016 !

Mesure 8 : mieux affecter les enseignants titulaires et stagiaires afin de respecter au mieux l’intérêt des élèves, Mesure 9 : une meilleure organisation administrative. Là encore, il convient de noter un début de prise en compte de la part de la ministre. Mais il convient aussi de mesurer l’effet réels des mesures annoncées. S’il s’agit d’empêcher les enseignants de sortir de l’académie, le risque est grand d’une inversion entre l’objectif annoncé et ses effets réels. La question se pose de savoir si au contraire, il ne conviedrait pas de permettre plus d’échanges entre les académies plutôt que de fossiliser les enseignants dans l’académie de leur première affectation. Enfin, que signifie l’annonce d’une nouvelle équipe dédiée à la circonscription de Saint-Denis ? Que celle qui est en place est défaillante ? Ou qu’elle ne dispose pas de suffisamment de moyens ? L’annonce d’une dotation de 600 000 € pour renforcer l’attractivité des postes administratif est tout aussi énigmatique ? Pour en faire quoi ? Recruter ? Augmenter les salaires ? Tout comme l’annonce d’une réorganisation des services départementaux pour mieux assurer les remplacements. Quels effets en attendre si les moyens ne suivent pas ?

Enfin pas un mot sur une réelle “revalorisation du métier d’enseignant”. Rien non plus sur la nécessité de renforcer le rôle des parents et leurs moyens d’intervention. Et encore, rien sur le renouveau des contenus de l’enseignement, des contenus et des méthodes d’enseignement. Le renouveau d’une pédagogie adaptée aux enfants de notre temps et à leur avenir.

 

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