Réforme des rythmes scolaires maintenue

« Remarques de bonne foi » – « Cependant, j’ai entendu les remarques de bonne foi venant des élus. Ainsi, le cadre réglementaire sera assoupli après les concertations nécessaires avec les enseignants, les parents et les élus », a-t-il annoncé. Reste à connaître les modalités des consultations et la nature des assouplissements envisagés.
Les défenseurs de cette réforme aussi emblématique que controversée se sont montrés déconcertés.
« On ne sait pas si le décret va être retravaillé, s’il y aura des dérogations, si des directives seront données aux recteurs pour être plus souples », a expliqué, « inquiet », le président de la fédération de parents d’élèves FCPE, Paul Raoult. « On est un peu dans l’incertitude, ce n’est pas très cadré, et les autres sujets, notamment celui des 60.000 postes, n’ont pas été abordés. »
Le SE-Unsa, deuxième syndicat de l’éducation, a appelé le nouveau ministre de l’Education nationale Benoît Hamon à « décrypter ce qu’a voulu dire le Premier ministre ». « Jusqu’où va l’assouplissement? », a demandé son secrétaire général Christian Chevalier, se disant toutefois « satisfait de voir qu’a priori on garde le cap de la semaine de 4,5 jours dans le primaire ».

Les détracteurs repartis à l’offensive – En revanche, les opposants à la réforme telle qu’engagée par l’ex-ministre Vincent Peillon n’ont pas caché leur satisfaction tout en maintenant la pression.
« Le Premier ministre ne s’est pas engagé à la légère: s’il propose un assouplissement du cadre réglementaire, c’est qu’il a sans doute avec Benoît Hamon échafaudé des hypothèses. Je suis impatient de les connaître », a ainsi déclaré Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire, en pointe dans la contestation. Il a de nouveau réclamé une table ronde réunissant tous les acteurs. « Il y a urgence car la rentrée 2014 se prépare maintenant. »
Valérie Marty, présidente de la Peep, deuxième fédération de parents, a salué une « très bonne nouvelle ». « Nous n’aurions pas compris l’éviction de Vincent Peillon s’il n’avait pas été question de renégocier la réforme des rythmes. »
Le retour à la semaine de 4,5 jours en primaire, abandonnée par la droite en 2008, était une promesse du candidat François Hollande, en écho à des demandes formulées tous azimuts: par la conférence nationale sur les rythmes organisée en 2010-11 par la droite, dans un rapport parlementaire approuvé par l’UMP, par les syndicats et parents d’élèves dans « l’appel de Bobigny », par des chronobiologistes et l’Académie de médecine et durant la concertation pour la refondation pour l’école organisée par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault.

Syndicats contradictoires – Mais la mise en oeuvre par Vincent Peillon de cette réforme supposée consensuelle s’est heurtée à des critiques d’enseignants, parents et élus UMP, soulignant fatigue des enfants, « confusion » entre temps scolaire et périscolaire, tensions dans le partage des locaux et difficultés de financement. Ces tensions semblaient retombées, mais plusieurs acteurs sont repartis à l’offensive après la déroute socialiste aux municipales et le changement de ministre.
Initialement, la réforme, qui vise avant tout à étaler le temps de classe pour des apprentissages plus efficaces, devait être mise en oeuvre partout à la rentrée 2013. Mais face à l’inquiétude des maires sur les « difficultés de mise en oeuvre », le président Hollande avait déjà annoncé un étalement sur deux ans. L’Association des maires de France (AMF) réclame elle une pérennisation du financement par l’Etat.

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