Le retour à la semaine de 4 jours serait une régression pour les enfants de Saint-Denis

Au moment où la Mairie de Saint-Denis lance une consultation des parents à propos des rythmes scolaires, nous tenons à les alerter, ainsi que toute la communauté éducative.

La semaine de 4 jours : des journées trop lourdes pour les apprentissages

Toutes les études sérieuses, tous les experts, tous les chrono-biologistes, sont d’accord sur une idée : la semaine de 4 jours « charge » trop les journées des enfants dont la concentration n’est pas égale du matin au soir. Elle ne permet pas les apprentissages dans de bonnes conditions. C’est par démagogie que les autorités l’ont instaurée en 2007, lorsque le ministre Darcos a supprimé le samedi matin.

La France dernière de la classe

Si les études européennes PISA pointent régulièrement les mauvais résultats de la France en matière de réussite scolaire, il faut rappeler un fait simple : avec la semaine de 4 jours la France est le pays d’Europe où le nombre de jours d’école est le plus faible. Elle est donc aussi le pays où le temps passé en situation éducative et de socialisation (école + périscolaire) est le plus faible pour la majorité des enfants.

Les enfants des familles modestes pénalisés en premier

Outre la surcharge de la journée, la semaine de 4 jours pénalise donc tous les élèves de Saint-Denis qui ne peuvent aller, pour des raisons financières, ni au centre de loisirs, ni à l’école des sports, ni au conservatoire, etc…Et ils sont la grande majorité (plus des 2/3 des 13 000 enfants scolarisés dans le primaire). Les enfants des familles les plus modestes de la ville sont donc livrés en demi-journées de plus par semaine aux différents écrans qui ne manquent pas de capter leur attention, au détriment des apprentissages.

Les enfants des couches favorisées ont toujours des solutions complémentaires par leurs parents ou par des cours privés.

L’intérêt des enfants d’abord

Une bonne scolarité passe par la semaine de 4 jours et demi et une révision du temps scolaire sur l’année, avec un allègement du temps scolaire quotidien et un péri-scolaire (étude, centres de loisirs, etc.) de qualité. Cet enjeu ne peut être mis en balance avec le confort des parents ou un emploi du temps qui conviendrait mieux aux enseignants (dont, par ailleurs, la FCPE Saint-Denis est solidaire pour l’amélioration de leurs rémunérations et conditions de travail, de formation, etc.).

Il ne peut, non plus, être opposé, selon nous,  aux contraintes du budget municipal.

Une consultation précipitée

Alors qu’aucun recul suffisant n’est aujourd’hui possible sur la semaine de 4 jours et demi, mise place tout récemment, le ministre se défausse de ses responsabilités (l’Education n’est-elle plus  nationale ?) sur les villes. C’est pourquoi nous regrettons vivement que la municipalité n’ai pas donné suite à notre demande de reporter d’un an la décision pour débattre de ce retour en arrière avec la possibilité d’échanges de fond et argumentés (on avait bien pris un an de réflexion avant de mettre en place la semaine de quatre jours et demi !). Le calendrier précipité de la consultation ne le permettra pas.

Néanmoins, la FCPE Saint-Denis respectera l’avis qui sortira des consultations et poursuivra son action, avec tous les parents, et avec les enseignants pour la réussite de TOUS les enfants de Saint-Denis .

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