Agression à Elsa Triolet : L’agression de trop ?

La FCPE souhaite témoigner de sa profonde indignation suite à l’agression dont a été victime une enseignante au collège Elsa Triolet.

Nos pensées vont d’abord à l’enseignante directement impactée et aux collégiens témoins de la scène.

La FCPE s’inquiète d’une réponse exclusivement sécuritaire à cet événement.

Depuis 3 ans, les bagarres punitives et les règlements de compte se multiplient devant et dans les établissements.

Ces dernières semaines les incidents sont de plus en plus fréquents.

L’inventaire des incidents dans les établissements de Saint Denis pour le mois qui vient de s’écouler est très inquiétant : Jeudi 11 avril à Elsa Triolet, le 12 mars à Paul Eluard, les 22 février à la Courtille.

Devant les établissements le climat est aussi détérioré comme autour de Fabien quadrillé par les trafics de drogues qui ont amené les enseignants à se mettre en retrait le 12 avril dernier et le 9 avril des échauffourées devant le collège Barbusse ont impliqués plus de 60 jeunes et conduit à 4 interpellations.

Et pour mémoire, la rentrée scolaire de septembre 2018 avait été marquée par la mort d’un jeune de 16 ans tué d’un coup de kalachnikov.

Nos jeunes en Seine Saint Denis réagissent, à leur manière, (l’importance du décrochage est aussi révélatrice), à toutes les violences qu’ils subissent depuis des années dans des établissements scolaires délaissés par la République comme l’a factuellement souligné le rapport parlementaire Cornut-Gentille Kokouendo de mai 2018.

L’agitation sécuritaire avec l’envoi des équipes mobiles de sécurité et la multiplication des conseils locaux de prévention de la sécurité, où l’institution reste dans une position très réservée, ne régleront pas les racines de la violence. Nous serions surpris que la variante des équipes régionales de sécurité ait plus de succès.

Tant que les actions de l’Etat ne respecteront pas les principes de l’égalité républicaine, les mesures ponctuelles et principalement sécuritaires ne régleront pas les racines profondes des inégalités.

Nous demandons en urgence l’embauche de personnels d’éducation, d’éducateurs pour la protection judiciaire avec des personnels stabilisés et soutenus.

Au-delà de ces mesures d’urgence, nous souhaitons construire avec l’ensemble de la communauté éducative une école exigeante à égalité de traitement en Seine Saint Denis.

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